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Interview avec Ludovic Royer au XVIII Salon du livre à Minsk 15 février, 2011

Classé dans : Evénements,Presse — julienovik @ 10:26

L’avant-dernièr jour du XVIII Salon du livre à Minsk, le 13 janvier, le Conseiller de Coopération et d’Action culturelle de l’Ambassade de France en Biélorussie Ludovic Royer a accepté de répondre à quelques mes questions:

Ludovic Royer

 -Quel est le concept du stand français 2011?

- Cette année nous avons voulu un stand fermé, pas complètement fermé bien sûr, mais fermé au moins sur la moitié de la surface. Nous avons voulu un espace pour que les livres soient bien visibles et donnaient une impression de profondeur et avec un choix de livres. Les couleurs, gris et violet, et les autres détails ont été calculés, réfléchis, analysés. Pour le stand en lui-même, c’est un travail qui prend en compte l’expérience de l’année précédente.

XVIII salon international du livre de Minsk 2011, stand français

Ludovic Royer
-Qu’est-ce que vous a apporté en général votre mission biélorusse qui expire cette année?

- Je suis content d’être resté ici assez long, presque 5 ans. La mission dans le pays m’a beaucoup apporté parce que j’ai fait des choses pour lesquelles je n’étais pas particulièrement préparé étant universitaire à l’origine, enseignant spécialisé dans l’histoire de la Russie, l’ex-Union soviétique… Je suis arrivé à Minsk en tant que directeur du Centre franco-biélorusse d’Études européennes. Les circonstances ont fait que les choses ont évolué et je suis devenu Conseiller culturel par intérim, puis Conseiller culturel. Il a fallu me plonger dans des domaines auxquels je ne m’intéressais pas particulièrement, par exemple le Programme d’Aide à la Publication (P.A.P.) Maxime Bogdanovitch que je trouve maintenant un très bon instrument de propagande de la culture française, au sens positif des choses. C’est surtout très utile pour les personnes qui s’intéressent à la culture française sans être spécialiste, sans connaître le français, car ils peuvent accéder à la littérature française traduite en langue russe ou biélorusse. C’est très important, à mon avis. J’apprécie la version bilingue, voir trilingue. D’ailleurs, dans le cadre de ce programme a été édité l’année dernière le roman Le sang des étoiles d’Anne-Marie Paul, une des personnalités invitée au Salon 2010 et 2011.

Anne-Marie Paul

-Vous avez beaucoup travaillé avec les étudiants, quelles sont vos plus grandes réalisations ?

-Sans nul doute, ce que j’appellerais une de mes plus belles réalisations en Biélorussie, je l’ai faite au Centre franco-biélorusse d’Études européennes. Quand je suis arrivé, il y avait 19 étudiants, il y en a aujourd’hui 130. Les étudiants y sont maintenant en double cursus, à l’université d’Etat en journée et chez nous le soir. Ce sont des étudiants courageux, qui ont une parfaite maîtrise du français et qui viennent en cours le soir.

-Quelles sont leurs perspectives ? Est-ce que vous observez leurs parcours ultérieur?

-Là nous commençons tout doucement à avoir du recul pour voir un petit peu ce que font ces étudiants, ce qu’ils deviennent. C’est très intéressant, il y a des étudiants qui font leurs études en France, qui reviennent après. Pour l’instant je pense qu’il est toujours un petit peu difficile de continuer d’avoir des perspectives avec le français en Biélorussie. Je pense que le pays doit se créer une vision plus globale et davantage entrer dans le maillage, dans tout ce qui existe autour.

 -Comment voyez-vous le futur développement des relations culturelles franco-biélorusses?

-Les relations culturelles sont toujours très riches, même avec peu de moyens. Beaucoup de perspectives je pense aussi mais il y a un facteur qui à mon avis est le plus important, c’est le nombre d’apprenants de français. C’est un chiffre qui descend régulièrement et qui fait un peu peur. Bon, nous sommes rassurés lorsqu’au Salon du livre sur le stand, nous avons vu beaucoup de gens venir et qui ne sont pas francophones. C’est important parce que la France conserve cette capacité à attirer les Biélorusses mais elle conserve également cette image d’un pays avec beaucoup de points positifs et c’est bien. Moi j’aimerais aussi que toutes les personnes qui apprennent le français, puissent avoir le niveau des étudiants du Centre franco-biélorusse par exemple.

XVIII salon international du livre de Minsk 2011, stand français

-Qu’est-ce que vous conseillez aux personnes qui se passionnent pour la langue et la culture française ?

-Moi ce que je conseille c’est de ne pas se limiter à l’apprentissage de la langue. La langue française c’est bien mais cela conduit à l’enseignement et le besoin d’enseignants de français comme c’est dit plus haut, diminue. J’espère qu’on va trouver aussi d’autres solutions pour que l’enseignement de français puisse se maintenir sur un niveau correct. Mais concrètement il est important de multiplier les atouts et apprendre d’autres matières en français comme le droit au Centre franco-biélorusse. A Gomel, d’ailleurs, il y a l’Institut franco-biélorusse de gestion qui forme les jeunes étudiants à la langue française et à la gestion des entreprises. C’est ce qu’on fait avec les sections bilingues – la différence c’est que certaines matières sont enseignées directement en français sans passer par le russe ou le biélorusse. L’apprentissage du français mais aussi d’autres matières en français est quelque chose d’important.

-Merci beaucoup!

 

Julie Novik

Photos de l’auteur

 

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